AVEZ-VOUS remarqué ce qui distingue les grandes religions dans le monde? Elles sont toutes reconnaissables par les habits religieux de leurs adeptes et par leurs rituels.

En fait, c'est à l'apparence qu'on reconnaît les différentes confessions. Quelqu'un porte-t-il une croix ? Il est catholique. Tel homme porte des phylactères au bras et sur le front, ainsi qu'une petite coiffe ronde posée sur la tête (Yarmoulka) : c'est un juif. Tel autre a la tête rasée et porte une robe marron : c'est un moine bouddhiste. Tel autre encore porte un turban sur la tête : il est de religion sikh.


Outre les vêtements religieux que les ecclésiastiques portent lors des divers offices et cérémonies, la chrétienté est passée maître dans l'art de transformer en rituels les enseignements bibliques. Elle s'attache également davantage à des cérémonies tout extérieures plutôt qu'au mode de vie chrétien préconisé par la Bible. En Jean 13:1-15, la Bible relate ce que Jésus fit peu avant sa mort : il lava les pieds de ses disciples. Mais au lieu de voir dans ce geste une leçon d'humilité, invitant les chrétiens à se porter volontaires pour accomplir des tâches humbles et à servir leurs frères de tout leur coeur, les membres du clergé en ont fait un rituel : une fois par an, au Vatican, ils lavent les pieds de leurs coreligionnaires.

Lorsque le pape Jean Paul II a effectué un pèlerinage en terre d'Israël au début de l'année 2000, les commentateurs ont déclaré qu'il accomplissait un désir qu'il avait depuis longtemps : "Marcher sur les traces du Christ." (1 Pierre 2:21). Pourtant, il ne s'agissait pas d'une invitation à suivre un parcours géographique. Pierre exhortait plutôt les chrétiens à imiter le modèle laissé par Christ, tant ses actions que ses qualités et son esprit de sacrifice. Ainsi, les membres du clergé pensent-ils accomplir leurs obligations chrétiennes, mais sans se soucier de l'état de leur coeur, de leurs actions et de l'effet qu'elles ont sur les autres. - Voir Matthieu 23:27, 28.

Que dire du Judaïsme ? La Loi mosaïque stipulait ceci : "Ces paroles que je vous ordonne moi-même aujourd'hui seront sur ton coeur. [...] Attache-les en signe sur ta main. Elles sont diadème entre tes yeux. Ecris-les sur les montants de ta maison et sur tes portes." (Deutéronome 6:6, 8, La Bible de Chouraqui). Les pratiquants du Judaïsme prennent ces paroles au pieds de la lettre et en font une application littérale en attachant sur leurs bras et sur leur front des phylactères contenant des passages des Ecritures. Ils oublient le sens véritable de ces paroles : le Créateur demandait à ses serviteurs de garder dans leur coeur, donc d'aimer, ses commandements, de les garder constamment à l'esprit pour qu'ils guident leurs actions et d'y réfléchir sans cesse, eux et leur famille. Voilà comment une application superficielle empêche les humains de saisir le sens profond des paroles de Dieu. Jésus avait bien compris cela au sujet des Pharisiens de son époque. C'est pourquoi il les réprimanda sans ménagement, leur reprochant de s'attacher à l'application littérale de la Loi tout en oubliant les choses vraiment importantes, à savoir la justice, la miséricorde et la fidélité. - Matthieu 23:23-28.

Dans la société hindoue, il est de coutume, sitôt levé, d'aller se baigner à la rivière, ou de prendre un bain chez soi, s'il n'y a pas d'eau à proximité. C'est, pense-t-on, un moyen de se purifier. Comme les Pharisiens à l'époque de Jésus, ces personnes mettent l'accent sur la purification extérieure plutôt qu'intérieure (Matthieu 23:25, 26 ; Marc 7:3-8). Dans le Jaïnisme, les jaïna marchent nu-pieds et vont jusqu'à se couvrir la bouche d'un écran pour ne pas risquer d'avaler un insecte. Se pourrait-il que ces personnes ressemblent aux Pharisiens qui filtraient le moustique mais avalaient le chameau (Matthieu 23:24) ?

Bien que le bouddhisme constitue plus une philosophie qu'une religion, le rituel y tient une large place. Les temples et les idoles sont nombreux. Les moines officient devant des idoles luxueuses, les fidèles prient devant elles, ou devant des autels. D'autres allument des bougies. Quantité d'images du Bouddha sont adorées. Des prières lui sont adressées, ou le sont aux individus destinés à se réincarner en bouddha.

Le christianisme tel qu'il est enseigné dans la Bible est très différent. Même si les oeuvres qui s'y rapportent ont leur importance (Jacques 2:17, 26), il ne se reconnaît pas à des signes et des apparences extérieurs, mais à la conduite quotidienne de ses pratiquants, à leurs qualités et leurs croyances. Jésus a énoncé la qualité principale qui permettrait de reconnaître les vrais chrétiens : "Par là tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour entre vous." (Jean 13:35). Le disciple Jacques a insisté sur le point suivant : "Devenez des pratiquants de la parole, et pas seulement des auditeurs, vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements." (Jacques 1:22). Si on pense qu'il suffit d'écouter des sermons bibliques et d'accomplir quelques rites pour se dire chrétien, on se trompe soi-même par de faux raisonnements.

Le Créateur désire que ses serviteurs aient un bon état de coeur et non qu'ils se livrent à des rituels donnant une apparence de piété. Même si sous la Loi mosaïque des sacrifices (comprenant certains rituels) étaient recquis, c'était l'obéissance et la condition de coeur qui comptait au yeux de Jéhovah. - 1 Samuel 15:22, 23 ; 16:7.

Le culte que Dieu approuve est donc bien différent de ce qui se pratique dans le monde. Il est important d'examiner notre façon de l'adorer si nous voulons avoir son approbation.

Des sacrifices purs et sans souillure

Pour qu'un sacrifice soit agréé par Dieu, l'Israélite qui l'apportait devait avoir de bons mobiles et choisir des animaux sains, sans défaut (Lévitique 1:10 ; 22:19-25). Les offrandes de grains ne contenaient ni levain, symbole de corruption, ni miel (sans doute un sirop de fruit), à cause de sa tendance à fermenter. L'auteur du sacrifice, qui se présentait devant le Dieu souverain, devait être également pur et sans souillure. Pour que son holocauste ou son sacrifice de communion soit agréé, celui qui s'était souillé d'une manière ou d'une autre (selon les termes de la Loi) devait commencer par restaurer sa pureté aux yeux de Jéhovah en offrant un sacrifice pour le péché ou un sacrifice de culpabilité. - Lévitique 5:1-6, 15, 17.

Les sacrifices offerts sous la Loi Mosaïque étaient donc plus que de simples rituels. Ils devaient être le reflet de la condition de coeur des personnes qui les présentaient à Dieu, conscientes de leur état d'imperfection. Ces sacrifices n'étaient cependant pas des "passe-partout" donnant accès à la faveur divine. Il fallait avoir de bons mobiles, c'est-à-dire rechercher sincèrement la direction de Jéhovah, et s'efforcer de mener une vie pure, même dans ce qui ne paraissait pas aux hommes, dans la vie privée. Un Israélite ne devait pas se sentir autorisé à commettre volontairement un péché en espérant qu'un sacrifice suffirait pour être pardonné. "On ne se moque pas de Dieu". - Galates 6:7.

L'apôtre Paul repris ce même principe lorsqu'il s'adressa aux chrétiens de son époque. Il dit en Hébreux 10:22 : "Approchons-nous avec des coeurs vrais, dans la pleine certitude de la foi, nos coeurs ayant été, par aspersion, purifiés d'une conscience méchante et nos corps lavés avec une eau pure." Quelle est cette "eau pure" ? L'apôtre nous en donne l'explication en Ephésiens 5:26 quand il dit que la congrégation chrétienne a été purifiée "avec le bain d'eau par le moyen de la parole." Cette parole est la parole de Dieu. Grâce à elle, l'homme peut purifier sa vie et même son coeur, par l'application des principes divins dans tous les domaines de sa vie. Ainsi, son 'intérieur', et pas seulement son 'extérieur', sera pur et sans souillure.

Le but de cet article n'est pas de mettre en doute la sincérité des croyants, mais d'examiner les pratiques cultuelles










































Juif devant le mur des lamentations








Les cultes formalistes ne plaisent pas à Dieu:

"Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites ! parce que vous donnez le dixième de la menthe et de l'aneth et du cumin, mais que vous avez laissé les points les plus importants de la Loi, à savoir la justice et la miséricorde et la fidélité. [...] Vous ressemblez à des tombes blanchies, qui au-dehors, en effet, paraissent belles, mais qui au-dedans sont pleines d'ossements de morts et d'impuretés de toutes sortes." - Matthieu 23:23, 27.
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