










Casidoro De
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Casiodoro
De Reina et
la Bible
DEJA jeune homme, il lisait les Ecritures et s'était juré de les traduire en langue populaire pour que tout Espagnol puisse les lire. Dans les années 1550, un couvent des faubourgs de Séville hors du commun, à San Isidro del Campo, se fit remarquer par l'attitude de ses moines qui se consacraient davantage à la lecture des Ecritures qu'aux devoirs de leur ordre. Le message biblique transforma leur façon de penser, les amenant à rejeter la doctrine catholique sur l'utilisation des images et le purgatoire. Ils durent fuir à l'étranger pour échapper à l'Inquisition espagnole. Douze moines parvinrent à gagner Genève. Reina était du nombre. Bien que sa tête soit mise à prix, il resta déterminé à traduire les Ecritures. Reina estimait que la bible devait être accessible à tous. C'est pourquoi il s'explique là-dessus en préface de sa traduction : "La prohibition de la divine Ecriture en langue vulgaire ne peut que faire singulière injure à Dieu et causer un égal dommage au salut des hommes, car elle est la pure oeuvre de Satan et de ceux qu'il commande. […] Dieu ayant donné sa parole aux hommes et voulant qu'elle soit entendue et pratiquée de tous, qui la prohiberait dans une quelconque langue ne saurait prétendre le faire à bonne fin." Affirmation courageuse ! Le souci de réaliser une traduction aussi fidèle que possible lui fit remettre à la place qui lui est due le nom divin. Il refusait d'observer la tradition consistant à lui substituer des titres tels que "Dieu" ou "Seigneur". Il s'en explique avec la franchise qui le caractérise : " Nous n'avons pas retenu le nom (Iehoua) sans les raisons les plus graves. Premièrement, parce que là où on le trouve dans notre version il est dans le texte hébreu, et il nous a paru que nous ne pouvions ni l'omettre ni le remplacer sans nous montrer singulièrement infidèle ou sacrilège envers la Loi de Dieu, laquelle commande de ne rien lui retrancher ou lui ajouter. […] Cette loi (consistant à ôter le nom divin) est le chemin du Diable et est issue de la superstition des Rabbins modernes qui, sous prétexte de le révérer, tendent à ensevelir et à plonger dans l'oubli chez le peuple de Dieu le saint nom par lequel il lui a plu d'être distingué de tous les autres […] dieux. " Après quelque dix années de labeur, sa traduction complète de la Bible sort à Bâle en 1569. C'est la première version espagnole intégrale directement réalisée sur les langues originales. |
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