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Isaac Newton


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Isaac Newton
Un savant qui croyait en Dieu

"La vérité se trouve toujours dans la simplicité et non pas dans la multiplicité et la confusion des choses. […] Il est un Dieu d'ordre et non de confusion."

AINSI s'exprimait Sir Isaac Newton. Cette citation fut reprise dans l'ouvrage Scientific American, parut en août 1975. Ce livre précisait que "pour Newton […] il y avait deux moyens d'examiner l'univers fait par Dieu : le livre de la nature et l'Ecriture". Pour étudier ces deux moyens, Newton suivait cette règle que nous venons de citer. Ceux qui se vantent de l'esprit scientifique qui prévaut dans le monde pourraient réfléchir à ces paroles. En effet, beaucoup rejettent la simplicité du récit biblique concernant la création, car elle ne correspond pas à l'idée qu'ils se font de la connaissance et du savoir scientifique. Pourtant, la vérité s'avère toujours être simple.


Sir Isaac Newton a vécu entre 1642 et 1727. Il naquit un 25 décembre, quelques mois après le décès de son père, dans une famille de petits propriétaires terriens. Isaac fut un enfant de santé fragile. Mais avec le temps, il acquit de remarquables capacités de raisonnement. Bien que ses découvertes scientifiques l'aient rendu célèbre, il reconnaissait humblement et modestement ses limites. En 1727, peu avant sa mort, il fit cette remarque : "Je ne sais pas à quoi je ressemble pour les autres, mais pour moi, je me fais l'impression de n'être qu'un petit garçon qui joue sur la plage, prenant plaisir à trouver de-ci de-là un galet un peu plus lisse, ou un coquillage un peu plus beau qu'à l'ordinaire, alors que les réalités que j'ignore s'étendent devant moi comme une mer immense." (The World Book Encyclopedia, 1973, Vol. XIV, page 308).

Newton combat la doctrine de la Trinité

Newton considérait Dieu comme la Source de toute vérité. Il témoignait une profonde dévotion pour son Créateur et il passait plus de temps à chercher le vrai Dieu qu'à faire des découvertes scientifiques. Même s'il n'avait pas une claire compréhension de tout le message biblique, il perçut néanmoins certaines vérités. Ainsi, il rejeta la doctrine de la Trinité. Pour argumenter sa position, il examina toutes les preuves disponibles à partir de textes anciens concernant deux passages bibliques qui ont été falsifiés pour satisfaire les vues trinitaires de l'Eglise. Ces textes sont 1 Jean 5:7 et 1 Timothée 3:16.

Dans la Version Autorisée (anglaise), utilisée par Newton, comme dans des versions françaises anciennes telles que la traduction d'Ostervald, le texte de 1 Jean 5:7 se lisait ainsi : "Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, la Parole, et le Saint-Esprit ; et ces trois-là sont un."

Newton recourut aux écrivains de l'Eglise primitive, aux manuscrits grecs et latins, et au témoignage des premières versions de la Bible pour démontrer que les mots "dans le ciel : le Père, la Parole, et le Saint-Esprit; et ces trois-là sont un", censés appuyer la doctrine de la Trinité, n'existaient pas dans le texte original grec des Ecritures inspirées de Dieu. Puis il révéla que ce faux s'était glissé dans les versions en latin, d'abord sous forme de note marginale, puis dans le texte lui-même. Il prouva qu'il ne fut introduit dans le texte grec qu'en 1515, par le cardinal Ximenes, sur la foi d'un manuscrit grec récent, corrigé d'après le latin.

Son ouvrage traite aussi, mais moins longuement, du texte de 1 Timothée 3:16 où on peut lire ceci dans la version Ostervald : "Et certainement le mystère de piété est grand ; Dieu a été manifesté en chair, justifié par l'Esprit, vu des anges, prêché aux gentils, cru dans le monde, et élevé dans la gloire."

Newton démontra que l'on avait légèrement retouché le texte grec pour introduire le mot "Dieu" dans la phrase "Dieu a été manifesté en chair". Il prouva que les premiers rédacteurs de l'Eglise qui utilisaient ce verset ignoraient tout de cette falsification.

Résumant ces deux passages, Newton écrivit : "Si, débattant de la décision à prendre sur le plus grand mystère de la religion, les églises anciennes ne savaient rien de ces textes, je ne vois pas pourquoi nous en serions si entichés à présent que le débat est clos." Isaac Newton a achevé cette thèse voilà plus de deux siècles. Pourtant, il a fallu attendre le XIXe siècle pour que les traducteurs de la Bible commencent à corriger ces versets. De fait, la plupart des traductions modernes de la Bible ont maintenant restitué le mot "il" à la place de "Dieu". La Bible de Jérusalem, traduction catholique, ajoute même cette note en bas de page : " 'Il', au masculin, c'est le Christ."

Si Isaac Newton rejetait la Trinité, c'était parce qu'il n'avait pu vérifier dans les Ecritures la véracité de cette doctrine soutenue par les credo et les conciles. Il était fermement convaincu qu'on pouvait éprouver la valeur des arguments par la logique. D'après lui, rien de ce que Dieu a créé n'est sans dessein ni sans raison ; donc les enseignements de la Bible devraient s'appuyer, eux aussi, sur la logique et sur la raison. Newton donna une autre raison pour laquelle il rejetait la Trinité : "L'homoousion [doctrine selon laquelle le Fils serait consubstantiel au Père] est inintelligible. Depuis le concile de Nicée on n'y a jamais rien compris. Or, ce qui ne peut se comprendre ne relève pas de la croyance."
Ecrits en latin et remplis de citations bibliques, les Argumenta sont peut-être le résumé le plus complet des idées de Newton contre la Trinité. Il est particulièrement intéressant de lire les arguments quatre à sept :

"4. Puisque à un moment donné Dieu a engendré le Fils, celui-ci n'existait pas de toute éternité. - Proverbes 8:23, 25.

5. Parce que le Père est plus grand que le Fils. - Jean 14:28.

6. Parce que le Fils ignorait sa dernière heure. - Marc 13:32 ; Révélation 1:1 ; 5:3.

7. Parce que le Fils a reçu toutes choses du Père."

Un temps pour comprendre

Il y a plus de 250 ans, Isaac Newton a écrit quelque chose d'intéressant à propos de la compréhension des prophéties, y compris celle relative à la "grande foule" de Révélation 7:9, 10. Dans son ouvrage "Observations Upon the Prophecies of Daniel, and the Apocalypse of St. John" (Remarques sur les prophéties de Daniel et l'Apocalypse de saint Jean), publié en 1733, il a écrit : "Ces prophéties de Daniel et de Jean ne devaient pas être comprises avant le temps de la fin : mais, alors, à partir de ces prophéties, certains prophétiseraient dans l'affliction et le deuil, cela pendant longtemps et de façon obscure, si bien que peu se convertiraient. (...) Puis, dit Daniel, beaucoup courraient ça et là et la connaissance serait accrue. Car l'Évangile doit être prêché dans toutes les nations avant la grande tribulation et la fin du monde. La multitude porteuse de palmes, qui vient de cette grande tribulation, ne peut devenir indénombrable et d'entre toutes les nations, si ce n'est par la prédication de l'Évangile avant cet événement." (Les Témoins de Jéhovah, prédicateurs du royaume, page 160).

La question du sang

Au cours du XVIIIe siècle, Isaac Newton exprima en ces termes toute l'importance qu'il accordait au caractère sacré du sang : "Cette loi [ordonnant de s'abstenir du sang] a été donnée avant l'époque de Moïse, à Noé et à ses fils, bien avant l'époque d'Abraham : par conséquent, lorsque les apôtres et les anciens réunis au concile de Jérusalem ont déclaré que les Gentils n'étaient pas tenus de se faire circoncire ni d'observer la loi de Moïse, ils ont mis à part cette loi ordonnant de s'abstenir du sang et de ce qui est étouffé comme étant une loi de Dieu antérieure, imposée non pas seulement aux fils d'Abraham, mais à toutes les nations." (Réveillez-vous ! du 8 septembre 1986, page 25).

Un exemple à suivre

La lecture des ouvrages religieux de Newton ne manque pas de nous impressionner par leur profondeur. Elle nous révèle la puissance de pénétration et de réflexion de ce savant, son érudition extraordinaire et son intelligence des langues originales dans lesquelles la Bible a été écrite. Les conclusions qu'il tire sur la Trinité forcent notre respect et notre estime, même s'il ne s'est pas senti tenu de les publier de son vivant.

Aujourd'hui, nous avons encore plus de documents à notre disposition que Newton. Nous devrions donc examiner, comme lui, nos croyances, en raisonnant toujours essentiellement sur les preuves tirées de la Parole de Dieu, ce qui édifiera en nous une foi solide, conforme à l'enseignement du christianisme primitif.

Voir La Tour de Garde du 15 octobre 1977, page 628-631 et du 1er février 1976, page 75.



Portrait d'Isaac Newton par Godfrey Kneller (1689)
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