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CRUX. Tel est le mot latin qui est utilisé pour parler de l'instrument de supplice du Christ sur lequel il est mort le 14 nisan de l'an 33 de notre ère. C'est de ce terme que le mot "croix" est tiré. De fait, pas une représentation de la mort du Christ ne fait abstraction de la croix. Pas une ? Si, une, et cela s'est passé à Carthagène, en Espagne, il y a quelques décénies. Une image de la Semaine sainte représentait Jésus non pas sur une croix, mais sur un simple poteau sans traverse. S'agirait-il d'une erreur ? Les termes originaux
Si un artiste avait assisté à la mort du Christ au Golgotha, il aurait pu nous laisser un témoignage artistique authentique. Mais, ce n'est pas le cas. En revanche, nous disposons d'un autre témoignage fiable : celui de Jean, ' le disciple que Jésus aimait ' et qui fut présent lors de cet événement particulièrement important (Jean 19:25-30). Il savait donc sur quel instrument Jésus est mort. Comment en a-t-il parlé ? Pour désigner l'instrument de supplice de Jésus, Jean utilisa le mot grec stauros, traduit par "poteau de supplice" dans la Traduction du monde nouveau (Jean 19:17, 19, 25). Que ce soit dans le grec classique ou commun des Écritures Grecques, le mot stauros désigne fondamentalement un poteau ou pieu vertical sans traverse. Concernant ce mot, un dictionnaire biblique (The Interpreter’s Dictionary of the Bible) déclare : "Littéralement un poteau, un pieu ou une perche verticale [...]. Comme instrument d'exécution, la croix était un poteau fiché verticalement dans le sol. Souvent, mais pas toujours, une pièce horizontale était attachée à la partie verticale." Un autre ouvrage de référence déclare : "Le stauros, mot grec traduit par croix, signifie littéralement un poteau, un pieu vertical ou une pièce de bois sur laquelle on peut accrocher quelque chose ou que l'on peut utiliser pour clôturer un terrain. [...] Même chez les Romains, la crux (d'où vient le mot français croix) était à l'origine un pieu vertical qui en est toujours la partie la plus importante.' - The Interpreter’s Dictionary of the Bible. L'ouvrage The Companion Bible déclare quant à lui : "[Stauros] ne désigne jamais deux pièces de bois placées en travers pour former un angle, quel qu'il soit. [...] Rien dans le texte grec du [Nouveau Testament] ne fait même penser à deux pièces de bois." On notera avec intérêt que les Ecritures désignent parfois l'instrument de supplice par le mot xulon, qu'un lexique grec-anglais (Greek-English Lexicon de Liddell et Scott) définit ainsi : "Bois coupé et prêt à être utilisé, bois de chauffage, bois de construction, etc. [...], pièce de bois, bûche, poutre, pieu, [...] gourdin, bâton, [...] poteau sur lequel les criminels étaient empalés [...] bois sur pied, arbre." Le Dictionnaire apologétique de la foi catholique reconnaît : "On ne peut nier que la croix ait été employée comme symbole religieux par les païens. On la rencontre sous différentes formes sur un grand nombre de monuments asiatiques, européens et même américains." Des ouvrages de référence établissent même un lien entre la croix et le culte de la nature, ainsi qu'avec les rites sexuels païens ! A Short History of Sex-Worship dit en effet : "Les monuments et les tombeaux égyptiens sont ornés de diverses représentations de la croix. De nombreuses autorités en la matière les considèrent comme des symboles du phallus [représentation du membre viril] ou du coït. (...) Dans les tombeaux égyptiens, on trouve la croix ansée [croix surmontée d'un cercle ou anse] à côté du phallus." (Londres, 1940) de H. Cutner, pages 16, 17 ; voir aussi The Non-Christian Cross, page 183. Une encyclopédie catholique fait ce commentaire intéressant : "La représentation de la mort rédemptrice du Christ au Golgotha n’apparaît pas dans l’art symbolique des premiers siècles chrétiens. Influencés par l’interdiction de faire des images taillées, interdiction contenue dans l’Ancien Testament, les premiers chrétiens se refusaient à représenter l’instrument de la Passion du Seigneur." — New Catholic Encyclopedia (1967), tome IV, page 486. Incontestablement, les premiers chrétiens n'utilisaient pas la croix comme signe de leur rédemption. Convient-il que
les chrétiens vénèrent l'instrument de
supplice du Christ ?
Mais un autre aspect mérite considération. Citant les paroles contenues en Deutéronome 21:22, 23, l'apôtre Paul a déclaré : "Christ, par rachat, nous a libérés de la malédiction de la Loi en devenant malédiction à notre place, parce qu'il est écrit : ' Maudit est tout homme pendu à un poteau ["au bois", selon la Bible de Chouraqui, la Bible de Darby, la Bible à la Colombe et la Traduction Œcuménique de la Bible].' " (Galates 3:13). Puisque ce mode d'exécution faisait de la personne un "maudit", il ne conviendrait pas que des chrétiens décorent leur maison avec des images du Christ attaché à un poteau (ou à une croix), ni qu'ils vénèrent cet instrument de supplice. N'y a-t-il pas d'autres façons de se rappeler son sacrifice ? Si un être qui vous est cher se faisait assassiner par une arme à feu, ou une arme blanche, vous viendrait-il à l'idée de porter en pendentif une réplique de cette arme ? Bien sûr que non ! N'oublions pas non plus que quiconque chérit la croix honore le symbole d'un culte opposé à celui du vrai Dieu. C'est pour toutes les raisons évoquées dans cet article que les Témoins de Jéhovah n'utilisent pas la croix dans leur culte. |
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