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Qu'est-ce que l'âme ?
"L'âme est l'élément spirituel de l'être humain qui survit à la mort du corps." "L'âme qui pêche - c'est elle qui mourra." ÉZEKIEL
18:4.
DANS les Écritures, le mot "âme" rend l'hébreu nèphèsh et le grec psukhê ( ). Pour
la majorité des personnes, le mot "âme" est
indissociable de l' "immortalité", à tel point
que ce mot est pour ainsi dire synonyme d'immortalité. Mais
ce concept a-t-il toujours existé ? Que penser des deux
affirmations ci-dessus ? Qu'enseigne la Bible à ce sujet?L'Histoire atteste que cette croyance avait cours bien avant dans le monde oriental. En fait, les Babyloniens de l'Antiquité voyaient la mort comme le passage à une autre forme de vie. Nimrod, le bâtisseur de la ville de Babel, a vraisemblablement été déifié sous la forme du dieu Mardouk, ou Merodak, considéré lui-même comme le fondateur de Babylone. Si tel était le cas, l'idée selon laquelle on a une âme qui survit à la mort devait déjà être courante au moment de la mort de Nimrod.# Il n'en demeure pas moins que cette notion ne remonte pas à la naissance de l'homme. Lorsque les hommes décidèrent de construire la tour de Babel, pour se faire "un nom célèbre", Dieu contrecarra leurs efforts en confondant leur langage (Genèse 11:5-9). En se dispersant, ils amenèrent avec eux leurs croyances et celles-ci se répandirent depuis lors dans le monde entier, ce qui explique pourquoi la croyance en une âme immortelle est commune à toutes les religions. Mais revenons en Occident. Chez Homère, "le plus ancien témoin qu'il faut situer au-delà de 700 avant J.-C., ce que nous appelons "âme" (du latin anima, apparenté au grec , vent, souffle) est en fait
dédoublé et exprimé par deux mots
grecs : le , qui signifie passion, volonté,
esprit, et s'apparente au verbe
(s'élancer), évoque un flot de sang chaud ; au
contraire, la qui
signifie vie et s'apparente au verbe
(respirer), évoque le souffle de la respiration animale.
Ainsi, les fonctions de la conscience et celles de l'esprit, qui
caractérisent la personnalité individuelle,
relèvent davantage de ce phénomène
psychophysiologique exprimé par le ; en revanche, la vie
indifférenciée qui rend tout corps vivant est
la ." Nous notons ici que selon Homère, la
psukhê (l'âme) est le principe de vie qui anime
tout corps vivant."Dans l'expérience de la mort, c'est la , la vie, qui abandonne le vivant par la bouche
(souffle) ou toute blessure de son corps, et s'en va chez
Hadès. Après la mort du vivant, la est donc conçue comme son double,
sorte de fantôme à la ressemblance du
défunt, car le sentiment soit de crainte soit d'affection
qui unit au mort fait imaginer son existence dans l'au-delà
comme un double plus ou moins personnalisé de l'individu."L'analyse du langage homérique aboutit donc à un résultat paradoxal. "Le même mot (psukhê) avait une double signification
: dans le vivant, il désignait le
phénomène de la vie en
général, chez les morts, les sont les doubles de vivants, réduits
à la vie ralentie du royaume des ombres." Mais à
cette époque, le principe spirituel qui est
appelé "âme", selon l'acception actuelle des
religions en général, n'est "pas encore
clairement dégagé, et la croyance en la
divinité de l'âme et en son immortalité
n'est pas du tout formulée."Au cours du VIe siècle avant notre ère, le chamanisme a proposé une opposition radicale entre l'âme et le corps, donnant ainsi naissance au "dualisme" adopté plus tard par les philosophes. L'hellénisme s'est imprégné de cette conception. "À la fin du Ve siècle, en Grèce, la notion d'âme, principe spirituel du vivant, d'origine divine, promise à l'immortalité, faisait partie des croyances bien établies. La philosophie pouvait s'en emparer pour lui donner un fondement rationnel." C'est ainsi que les philosophes Socrate, Platon et Aristote ont élaboré et affiné la doctrine de l'immortalité de l'âme. Cette acception a, depuis lors, influencé les civilisations et les croyances, et ce, jusqu'à notre époque. Plus tard, Augustin consacrera une grande partie de ses recherches à voir ce qui, dans cette doctrine, pourrait être conciliable avec le "christianisme". Pourtant, comme le souligne une autre encyclopédie, "la Bible [dans le judaïsme] ne partage pas le dualisme âme-corps : la personnalité humaine est considérée comme un tout. Cette vision unitaire de l'homme rendit longtemps difficile la réflexion sur l'au-delà et ce n'est que tardivement que s'imposa la croyance en la résurrection des morts (Daniel, XII, 1-3)." (C'est moi qui souligne).¤ |
Dans cet article
![]() Naissance et évolution du concept L'âme selon la Bible * Citations tirées de l'Encyclopédie Universalis. # Voir La Tour de Garde du 1er avril 1999, pages 10 et 11, § 8-13. ¤ "Âme", Encyclopédie Encarta 2000. |
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